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Théâtre : Drache, la création du Patakès Théâtre

Publié le lundi 7 janvier 2019

Après deux semaines de résidence à Challans, la compagnie Patakès Théâtre présente pour la première fois au public son spectacle « Drache » au Théâtre Le Marais le jeudi 10 janvier.

La pièce

Une nuit d’été, chaude et orageuse, quelque part dans le nord de la France…
Posé au milieu de nulle part un [homme]… être vivant ou fantomatique ? Une fenêtre qui s’éclaire et s’ouvre. [Une femme] qui ne dort pas. Il n’est pas rentré celui qu’elle attend. Comment combler ce vide et calmer son angoisse, si ce n’est en parlant… alors elle se livre, sans pudeur, pour combler le silence de ce téléphone qui ne sonne pas. Une femme pas forcément raciste, mais ... le fantasme de l’autre, de sa différence est là.
Et puis sous les néons d’un abribus… [Un étranger]. Et puis la rencontre ! Au service des urgences ! Le Partage du drame. Il est là pour sa nièce, elle est là pour son fils. Histoire d’amour interdite ?
La rencontre... là est le propos de la pièce, accepter de s’approcher, de se parler, de dépasser sa peur.
Commence alors la déconstruction du fantasme, l’abandon des mensonges de chacun sur son existence (ce que l’on dit être), ou de ce qu’on imagine de l’autre, ce qui permet la possibilité de l’échange, jusqu’à l’invitation chez soi, sur son territoire, dans son intimité.
« Drache » ne prétend pas apporter des solutions, mais il permet d’ouvrir d’autres perspectives sans faux-semblants, en pleine conscience, en basculant d’une question sociétale à une rencontre de deux humanités.
L’un faisant un voyage intérieur pour aller vers l’autre.
L’autre, une traversée intercontinentale pour se (re)trouver.

Quelques questions à Dominique Delavigne, metteur en scène

Vous avez passé une commande à Gilles Granouillet pour l’écriture de cette pièce, pourquoi ce choix ?

J’ai rencontré l’écriture de Gilles Granouillet lorsque j’ai monté sa pièce « ZOOM ». J’ai été touché par sa façon d’écrire et de donner la parole au personnage, au travers d’une langue simple mais puissante. Langue simple ne veut pas dire simpliste et ni le propos, ni les thèmes qu’il déploie ne le sont, bien au contraire. J’ai aimé le fait qu’il accorde et qu’il donne de l’importance à un personnage, que l’on pourrait qualifier de « sans voix ». Une femme comme il en existe des millions, une femme du quotidien. Gilles Granouillet par son écriture me semblait l’auteur le plus approprié pour écrire, sur le thème de la migration, du déracinement. Imprégné de « ZOOM », je ne voulais pas traiter le sujet dans un grand ensemble de clichés déjà vu, ne pas refaire l’histoire de la route des migrants, mais aborder la chose sous un angle plus intimiste, plus humain. Entendons-nous, dans l’humanité il y le bon et le mauvais côté. Il me semblait une fois de plus important de donner la parole à ceux à qui on ne la donne pas. Il me fallait une parole immédiate, et sincère.

Explorer le thème de la migration était votre souhait ?

Au-delà de la migration, c’est le thème du déracinement au sens le plus large, que je voulais traiter. Qu’est-ce qu’être déraciné, géographiquement, affectivement, culturellement. Je suis parti de cette phrase de Tahar Ben Jelloun : « on est tous l’étranger de quelqu’un ».
Ce qui m’intéressait n’était pas de raconter, le voyage des migrants, les souffrances… je n’en ai pas la légitimité, mais de me poser la question de savoir ce qu’il y avait au bout du voyage. Plus précisément ce qu’il y avait après les images diffusées en boucle sur les chaines d’info en continue. Que se passait-il une fois les caméras parties : des hommes et des femmes qui devaient vivre ensemble sans l’avoir choisi. Des habitants et des migrants, mais surtout des humanités qui ne se rencontraient pas.  Pour moi, c’est cela « Drache » : le bout du voyage. Une pièce plus universelle sur l’étranger, et sur la peur de l’autre.

Quel est(sont) votre(vos) parti(s) pris en matière de mise en scène ?

J’ai pris le parti d’épurer les univers (il y a deux lieux principaux ; un intérieur et un extérieur). Épurer pour laisser de l’espace à la parole des personnages. Épurer pour donner des signes forts, mais où chaque spectateur peut aussi se projeter sa propre image. La pièce est construite comme un puzzle, il ne fallait rien résoudre d’entrée, mais donner des éléments qui petit à petit s’imbriqueraient les uns dans les autres. J’aime l’idée que le spectateur se fasse sa propre idée des choses, je ne résous rien, j’essaye de donner à réfléchir au travers d’une histoire. J’aime aussi que le théâtre soit un lieu de sensations, et j’entends par là ; sensations données par le texte évidemment, mais sensations aussi sonores, lumineuses, visuelles par la vidéo. J’ai construit la mise en scène en essayant de combiner à la fois une parole simple et puissante dans des écrins qui permettent à cette parole de venir nous impacter.

 

Memento

Jeudi 10 janvier
20 h 30
Théâtre le Marais
Tarif C : de 5,50 à 9 €
Réservation à l’Office de Tourisme de Challans ou sur place

 

Localisation

33 rue carnot 85300 Challans